Loi anti-parabens

Le 3 mai 2011, l'Assemblée Nationale a voté pour l'interdiction des parabens et des phtalates. Le texte de loi est court et ne comprend qu'un article unique : "La fabrication, l’importation, la vente ou l’offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkylphénols sont interdites". Et à la surprise générale, il vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale ce 3 mai, par 236 voix contre 222. Cela signifie-t-il la fin des parabens en cosmétique ?


L'Observatoire des Cosmétiques signalait déjà, le 13 avril dernier, que l'étau se resserrait autour des parabens, puisqu'une proposition de loi française, portée par Yvan Lachaud (député Nouveau Centre), proposait leur interdiction, parallèlement à un avis du CSSC (comité d'experts européen) qui préconisait de diminuer les concentrations maximales autorisées dans les cosmétiques pour certains d'entre eux .

Mais les décisions européennes sont souvent longues à prendre, la proposition de loi française avait été rejetée lors de son examen par la Commission des affaires sociales... et on pensait ne pas avoir à reparler si rapidement du sujet.

À la surprise générale, et contre l'avis du gouvernement, l'Assemblée a voté pour l'interdiction de ces conservateurs, ainsi que des phtalates et des alkylphénols, tous suspectés d'agir en perturbateurs endocriniens et d'avoir de graves répercussions sur la santé humaine (notamment en termes de malformations des fœtus et de baisse de la fertilité masculine).

Jusqu'à maintenant, les phtalates (déjà interdits dans les jouets pour enfants) sont encore largement utilisés dans de très nombreux produits de consommation courante, allant des emballages, adhésifs et peintures aux cosmétiques (vernis à ongles, laques, parfums...). 
Les parabens, très largement défendus par l'industrie, entrent toujours dans les systèmes conservateurs de certaines denrées alimentaires, de nombreux médicaments, et bien sûr, de toutes les catégories de produits cosmétiques. Vont-ils en disparaître du jour au lendemain ?...

Il faut d'abord que le texte de loi voté par l'Assemblée Nationale le soit aussi par le Sénat : il n'était aujourd'hui qu'en première lecture. Il faut aussi que le gouvernement, opposé à son adoption, ne fasse pas pression sur les députés et sénateurs pour que ceux-ci reviennent sur leur décision. Et il faut enfin que l'Europe accepte cette "exception" française.

Et même si les "anti-parabens" gagnent du terrain dans la communauté européenne (on a ainsi vu récemment le Danemark demander leur interdiction dans les cosmétiques destinés aux enfants de moins de 3 ans, pour lesquels les perturbateurs endocriniens seraient particulièrement nocifs), la ligne européenne (et sa réglementation qui a force de loi en France) va plutôt dans le sens du maintien de l'autorisation de leur utilisation, quitte à l'assortir de restrictions en termes de concentrations maximales autorisées dans les produits finis. Au moins en attendant que les études scientifiques encore en cours et destinées à évaluer leur réel potentiel toxique, aient abouti. On devrait avoir la réponse fin 2012...


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