Noir exil

Les images des migrants africains qui, pour les plus "chanceux," échouent sur les côtes des pays européens, défilent à longueur de temps sur nos écrans. Il existe pourtant un tabou sur le sort de ces africaines migrantes qui survivent dans les pays du Maghreb.

C'est une étude du sociologue Smaïn Laacher qui dévoile les dessous de cette tendance inquiétante. Les témoignages décrivent des scènes de violence, de séquestration, de viol et de prostitution. C'est toute l'ironie du sort: alors que ces africaines ont quitté leur pays afin d'échapper à des persécutions, elles affrontent en "terre d'accueil" des dangers similaires, voire pires. Au Maghreb justement, les injustices envers ces femmes noires sont loin d'être rares: insultes, injures et même discrimination. Ainsi, déjà en 2007, Christina Holmgren du Bureau sous régional de l'OIT ( Organisation Internationale du Travail), alertait dans un rapport sur les femmes africaines au Maghreb, que celles-ci travaillaient souvent sans rétribution.

Pourtant peu a été fait depuis lors. Au contraire, tandis que l'UE n'ignore pas que ces pays du Maghreb nie tout droit à ces migrants à la peau noire, on n'a pas hésité à inclure ces pays dans la lutte contre l'imigration, pire, à leur en confier une partie de la gestion, et cela toujours en fermant les yeux. A ce propos Smaïn Laacher dénonce l'UE sans détour: "Il est difficile d'attendre d'Etats qui ne respectent pas le droit de leurs propores citoyens, qu'ils prennent en considération des femmes étrangères, noires et largement assimilées sur place à des prostituées. Or, c'est à des Etats là, au Maghreb, qu'hypocritement, l'Union Européenne, dont les droits de l'homme sont censés être le ciment, sous-traite de plus en plus la gestion de l'"accueil"des migrants."

Au niveau juridique, souligne le sociologue, il existe paradoxe, selon lequel une femme migrante pourrait, si elle est victime de persécution dans son pays, obtenir la protection de la Convention de Genève; mais il n'en va pas de même pour les femmes en transit. "Les viols subis en chemin, n'interessent nullement les "officiers de protections" du Haut-Commissariat des Nations Unies pour le réfugiés, le HCR". Dans son livre "de la violence à la persécution des femmes sur la route de l'exil", Smaïn Laacher préconise un "type de protection spécique, pour remédier à ce mal dont les femmes sont les seules à souffrir.

Car, au- delà de la question du droit des migrants, c'est le respect du droit des femmes qui doit être remis en cause. Souvent en première ligne pendant la guerre, elles sont devenues les cibles d'actes de violence sans nom en Afrique Noire. Le tout souvent caractérisé par une impunité totale pour ceux qui ont commis ces "délits" (le cas de la République du Congo est éloquent) . Dès lors, il n'est pas étonnant que ces pays "d'accueil" semblent ne pas craindre la moindre poursuite. Il serait difficile d'attendre d'autrui qu'il fasse ce qu'on n'a pas su faire chez soi.

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