Yacouba sawadogo et son miracle écologique

Rien ne prédestinait le jeune Yacouba à devenir le héro qu'il est aujourd'hui. Originaire du Nord du Burkina Faso dans la région de Yatenga, Yacouba est au départ un commerçant de pièces détachées sans histoire. Mais à la suite de certains évènements, il décide de tout laisser tomber pour réaliser un rêve aussi fou qu'ambitieux. Portrait d'un homme sage qui ne manque pas d'initiative.

Seulement voilà, dans son village le sol a subit de graves dégradations, notemment à cause de la sècheresse. Yacouba remarque alors que les méthodes ancestrales d'agricultures ne sont plus adéquates. Les récoltes sont en effet bien maigres pour nourrir le village en quantité suffisante. C'est alors que lui vient l'idée du zaï  qui consiste en la formation de trou dans le sol pour retenir l'eau de pluie. Ainsi, la terre ne se contente plus d'absorber l'eau lors de fortes pluies mais reste également humide pendant 15 jours. Dans chaque zaï Yacouba plante des grains de mil et également des graines issues de plantes. Yacouba réussi donc à multiplier son rendement par trois grâce à cette technique. Il déclare même que "sa production pendant une année peut faire vivre sa famille pendant trois ans." Par son procédé, le paysan parvient à créer une forêt sur quatre hectare, sur une terre aride ou la désertification gagnait du terrain de puis des décennies.

Malheureusement pour lui, son oeuvre est détruite par un incendie par des habitants du village, jaloux. Obstiné, le rêveur décide de tout reprendre depuis le début. Yacouba sème ainsi 1000 à 2000 plants par an! C'est donc une véritable forêt que l'entrepreneur a reproduit cette fois! Des espèces animales s'y sont installées et une nouvelle flore y a poussé. Un véritable miracle écologique! Pour cette raison,  le vieux Yacouba a reçu deux distinctions des services de l'Environnement et de l'Agriculture. Son projet unique a même suscité l'intérêt de la FAO qui a vu dans la technique du zaï une aubaine pour les populations des régions désertiques souffrant de la famine. Ainsi, ce fermier déterminé a été invité à de nombreuses conférences (Etats-Unis entres autres), afin d'expliquer le fonctionnement de sa méthode. Des agriculteurs viennent également des quatres coins de l'Afrique pour bénéficier de ce savoir.

D'autres obstacles se trouvent encore sur la route de Yacouba. Un projet immobilier qui empièterait sur sa forêt menace de voir le jour. Les autorités burkinabé semblent en effet plus attirés par l'appât du gain, qu'elles ne sont sensibles à l'oeuvre extraordinaire qu'à créé le paysans en un peu plus de vingt ans. Pour se prémunir contre cela, l'agriculteur devra acquérir un titre foncier. Cette démarche requière beaucoup d'argent et Yacouba ne dispose pas de cette somme. Encore une fois, il semble qu'il faille faire appelle à des instances internationales pour protéger un projet dont l'importance pour le développement devrait toucher en premier lieu les autorités locales. Yacouba Sawadogo est un exemple de détermination, de sagesse et d'humilité. Mais ne nous y trompons pas, l'Afrique fourmille de Yacoubas en puissance qui ne demandent qu'à être soutenus et entendus. Ces rêveurs prouvent que l'avenir du Continent Noir ne dépend pas que des élites et des intellectuelles, mais que la contribution de tout un chacun est indispensable.

Un reportage reconstituant l'aventure de Yacouba Sawadogo a été diffusé plusieurs fois cette année sur france 5: " l'homme qui arrêta le désert".


 

 

Commentaires (1)

1. leseine patrick 07/10/2014

Cher monsieur Sawadogo je fait parvenir un mail a mr Pierre Rabhi qui peut probablement intervenir sur ce problème de constructions immobilièregrace a son influance médiatique; Je lance une bouteille à la mer, puisse t'elle vous être utile. Je vous salut chaleureusement mr leseine patrick

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